The study aims at examining how Swedish upper secondary school students’ development of written academic Swedish is affected when some or almost all content subjects are taught in English instead of Swedish, so-called CLIL education. The study includes three CLIL groups (125 students) with different amounts of instruction in English, and two non-CLIL groups (75 students). The study comprises a quantitave analysis of the students’ use of academic words in 260 texts and a qualitative analysis of the functions of academic words in a smaller corpus of 36 texts. The study shows that the students’ acquisition of the norms of academic writing cannot be taken for granted. When the use of L1 is strictly limited, as in total CLIL, the development of the students’ advanced L1 academic proficiency is at risk. Interestingly, the study also shows the potential of partial CLIL, as the largest development of academic vocabulary was found in this group.
LES VOIES DE L’APPRENTISSAGE DE L’ÉCRITURE ACADÉMIQUE DANS UN MONDE GLOBALISÉ. Une étude longitudinale de l’Enseignement de Matières par l’Intégration d’une Langue Étrangère dans l’enseignement secondaire supérieur en Suède.
Cette étude s’intéresse à l’impact de l’utilisation partielle ou quasi-exclusive de l’anglais à l’école (Enseignement de Matières par l’Intégration d’une Langue Étrangère, EMILE - Content and Language Integrated Learning, CLIL), sur le développement par des lycéens suédois d’un langage écrit académique. Ce type d’enseignement fait l’objet, malgré sa popularité, de peu de recherches, notamment sur les effets éventuels de cette méthode sur la langue minoritaire dans le cadre d’EMILE, à savoir la langue nationale (le suédois en Suède, le français en France). L’étude inclut cinq groupes, dont trois utilisent EMILE (125 élèves) et deux non (75 élèves). Ces derniers représentent la majorité écrasante des élèves suédois, dont l’enseignement se déroule exclusivement en suédois, langue officielle.
Cette étude combine une analyse quantitative et une analyse qualitative de deux mémoires rédigés par les élèves à des moments différents : le premier à l’entrée au lycée et le second au cours de la deuxième moitié de la scolarité au lycée. L’analyse quantitative (260 textes) explore à quel point les élèves s’approprient le vocabulaire académique, grâce à un corpus de termes académiques suédois. L’analyse qualitative (36 textes) vise à déterminer comment les élèves s’approprient des termes académiques pour produire une prose plus académique, avec l’aide de la linguistique systémique fonctionnelle.
L’analyse quantitative démontre que, contrairement à tous les autres groupes étudiés, dans les textes du groupe EMILE qui utilise le plus l’anglais à l’école, la part de termes académiques suédois n’augmente pas après deux années. La progression la plus forte est constatée dans un groupe EMILE dont l’enseignement mélange anglais et suédois. L’analyse qualitative montre que les textes les plus riches en termes académiques utilisent ces mots pour convoyer des aspects importants de la prose académique (abstraction, style objectif et organisation du texte). Il apparaît ainsi une corrélation entre la haute fréquence des termes académiques et le type de construction de sens qui caractérise la langue académique.
Cette étude conclut qu’il n’est pas possible de considérer comme acquis l’apprentissage de la langue officielle de son propre pays. Si cette langue n’est pas utilisée autrement que dans le cadre de l’enseignement du suédois et de la littérature, le développement d’une prose plus académique semble stagner. Une alternance clairement planifiée entre plusieurs langues ne semble en revanche pas influer sur le développement de la langue de la même façon.
Crem: Université de Lorraine , 2016. s. 187-211
CLIL education, advanced writing development in L1, academic words, systemic-functional linguistics, SFL