Couramment présentée comme un ensemble monolithique, l’Afrique est un continent qui compte de très nombreux peuples, cultures et langues. Même si cette diversité devrait inciter à considérer l’Afrique en prenant en compte sa pluralité, l’on constate qu’une perspective plurielle tend à disparaître partiellement, voire totalement, lorsque l’Afrique est perçue, étudiée ou exportée dans d’autres continents. Au sein de ce continent, l’Afrique francophone n’échappe pas non plus à cette simplification alors qu’elle réunit plus d’une trentaine de pays francophones (selon l’Observatoire de la langue française de l’Organisation internationale de la Francophonie en 2018). Quant à la littérature africaine francophone1, seuls deux grands sous-ensembles sont généralement représentés : la littérature maghrébine et la littérature de l’Afrique subsaharienne. Il convient dans ce cadre de rappeler que si certaines littératures francophones, comme celle de Belgique et de Suisse, ont droit à un traitement par nation, celles auxquelles nous nous intéresserons sont donc souvent regroupées dans des entités plus grandes et perçues selon une autre échelle. Qui plus est, les études scientifiques et la critique littéraire, les histoires de la littérature, les anthologies (Ågerup 2018)… contribuent ainsi à réduire non seulement dans la plupart des cas la richesse, la diversité et la complexité des littératures francophones africaines, mais en plus, dès lors qu’il s’agit d’en présenter la chronologie, en proposent, la plupart du temps, une périodisation inspirée de l’histoire des relations entre l’Afrique et les pays (colonisateurs) européens (Kane 1991).